|
|
Incluant : Jean-Louis Nadeau (JLN) Mgr. Réal Corriveau (RC) Yvon Bouffard (YB) Mémoires (M)
M – Nous venons d’avoir 48 heures de pluie abondante dans la capitale. C’est un désastre total. Les rivières ont balayé des centaines de maisons et tous nos ponts, sauf un.
JLN – Cette eau-là est tombée dans le plus fort de l’ouragan. Des torrents, des torrents qui ont fait des dommages dans tout le pays, aussi bien sur le versant nord comme le versant sud.
M – Les gens sont fatigués physiquement et mentalement. Ils ne dorment plus, car ils ont peur.
JLN – On a commencé, un jour ou deux jours après, à retrouver des corps et puis à ce moment-là, ce n’était pas question de faire une sépulture pour chacun. On ne savait plus qui était qui… Six ou sept mille disparus.
RC – J’ai appelé à Montréal. Je me souvenais que le cardinal Turcotte m’avait dit : « Si jamais vous avez des besoins, fais-moi un clin d’œil et j’essaierai de mettre des gens en marche. » Alors, je l’ai appelé et il m’a répondu immédiatement, le matin vers 7 heures et demie. Alors, j’ai dit : « Est-ce que vous êtes au courant de ce qu’il se passe au Honduras? ». Il a dit : « Oui! Et je me mets dans ça immédiatement. » Ici, c’est devenu un centre de communication international, jour et nuit.
M – Mardi 3 novembre, on vient de nous dire que nous n’aurons pas d’eau pour un bon bout de temps. 6 420 morts, 10 114 disparus, 1 411 000 personnes qui ont dû abandonner leur maison et 84 ponts détruits.
RC – Les moyens de communication au Canada, et au Québec en particulier, ont fonctionné à 100 %.
JLN – L’aide est arrivée à travers Développement et Paix et puis l’ACDI.
RC – C’est plus de 10 millions de dollars canadiens.
YB – La population de Pespire a été touchée par 400 maisons qui ont été détruites dans le village même de Pespire. Les gens voulaient retrouver des biens, retrouver des choses qu’ils avaient. Alors, les gens commençaient à sortir la terre.
Les dons ont été apportés pour la mise en marche, la mise en branle, la réorganisation des gens qui devaient manger et puis qui avaient faim et tout. Et après, les autres fonds de Développement et Paix, c’est [ils ont servi] à la reconstruction.
On ne construit pas des organismes, s’il n’y a pas de terrain. Alors, j’ai décidé d’acheter des terrains. Une fois les terrains achetés, j’ai commencé à construire.
RC – On a au moins 3 000 maisons construites ou réparées fortement. Ce n’est pas seulement comme une compagnie qui fait une colonie nouvelle, il faut aller partout. Dans les montagnes, il y a 10 maisons, à un autre endroit il y en a trente… Dans une famille, il y a deux ou trois personnes qui peuvent collaborer.
YB – Ce sont des maisons qui donnent le goût de vivre et le goût de recommencer.
RC – Je n’ai jamais ressenti une sympathie si grande face à une catastrophe.
YB – De voir grandir ces hommes, ces femmes et ces jeunes qui prennent des responsabilités, qui grandissent en humanité, qui grandissent en personne, je pense que c’est ça qui fait le bonheur de vivre.

|