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Incluant : Robert De Courcel (RDC) Réjean Thomas (RT) Eléonore Senlis (ES) Carline Abellard (CA) Ascencio Maxi (AM)
RDC – Médecins du Monde doit intervenir au cœur du bidonville de Cité-Soleil, la zone interdite de la capitale Port-au-Prince.
RT- Ces gens-là ont parfois l’impression d’être abandonnés par la communauté internationale, alors de voir [lorsqu’ils voient] arriver des expatriés, ils ont l’impression qu’on ne les oublie pas tous aussi.
RDC – Ce programme d’intervention, initié [mis en place] par la délégation canadienne de Médecins du Monde, permet à des femmes enceintes séropositives d’être dépistées, suivies et traitées gratuitement durant leur grossesse afin d’éviter qu’elles transmettent le virus du sida à leur bébé.
RT – Il y a deux traitements qui sont efficaces : il y a l’AZT et la névirapine qui sont deux molécules qu’on utilise dans le traitement du sida et que, données pendant la fin de la grossesse et à l’accouchement et un peu à l’enfant lorsqu’il naît, diminue de 60 à 80 % le risque que l’enfant soit infecté par le VIH. La névirapine, c’est deux pilules, un peu avant son accouchement, un ou deux comprimés et that's it, that's all! [c’est tout!]. C’est tellement peu dispendieux et c’est tellement efficace, c’est tellement simple… Alors, imaginez le nombre d’enfants sur la planète qu’on peut sauver avec des traitements aussi simples que ça, et [le fait] qu’ils n’y aient pas accès aujourd’hui, c’est incroyable.
RDC – Les locaux d’intervention de Médecins du Monde se trouvent à l’intérieur d’un petit hôpital situé en plein centre de Cité-Soleil.
RT – Si ce n’était pas de ce projet-là à Cité-Soleil, présentement l’hôpital ne fonctionnerait même pas.
RDC – Le contrôle du bidonville de Cité-Soleil est assuré par des gangs de rue et les lois s’appliquent différemment d’un gang à l’autre. L’insécurité et l’inconfort se ressentent partout. Le pouvoir et la sécurité appartiennent aux gangs de rue que l’on nomme communément : les organisations populaires. À part les véhicules de Médecins du Monde, peu de voitures s’aventurent dans le secteur.
ES – Je ne suis pas dans leurs histoires, je n’ai pas leurs anciennes jalousies, mon frère n’a pas brûlé la maison du groupe d’en face, enfin je n’ai absolument rien à voir avec leurs histoires. Au départ, je suis venue pour l’hôpital et pour les gens.
ES – Je suis bien contente de te rencontrer…
Bien content! Ça va?
RDC – Le personnel de Médecins du Monde demeure présent et bien visible dans le bidonville. On doit se rendre là où sont les gens et on leur parle en créole afin d’être compris par l’ensemble de la communauté.
ES – Dimanche dans longtemps, pas sur papier… (créole)
CA – On tire beaucoup là-bas. Et ça peut arriver aussi qu’il y ait des balles perdues. Alors, ce n’est pas intéressant pour un médecin de savoir qu’il y a toujours la pression (danger) des balles perdues.
ES – On a beaucoup de problèmes pour trouver quelqu’un qui veut bien travailler à Cité-Soleil, que ce soit un médecin ou n’importe qui. Les chauffeurs des ONG ne veulent pas y aller. Il n’y a personne qui y va… Il n’y a pas de voiture particulière qui y va…
RT – Il y a des difficultés à toutes sortes de niveaux et souvent qu’on n’a pas prévues quand on a écrit ce genre de projet là. On n’a pas prévu que la violence ferait, ou que l’insécurité ferait, que notre personnel ne puisse pas aller travailler pendant cinq jours. Quand on écrit un projet dans un pays riche, on ne pense pas à ça ces choses-là.
AM – De voir (Constatant) que l’enfant est HIV [VIH] négatif et que la personne se protège pour éviter une surinfection, je pense que nous faisons un travail extrêmement important dans cette zone-là.
RT – On est très content aujourd’hui de pouvoir traiter et sauver des vies.

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