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Incluant: Henri Forgues-Lapointe
Le cénotaphe de la côte King, tout le monde passe devant, mais aujourd’hui, les vétérans puis les morts, les gens oublient ça, sauf les familles qui ont perdu un membre au front ou des choses comme ça. Le seul temps qui devient populaire, c’est à l’Armistice. Ça vient nous chercher des souvenirs, c’est évident!
En 1944, j’ai eu connaissance moi d’un groupe de 16 000. Des gens qui ont été envoyés là, on dit, de force, contraints par la conscription. Les gens qui voulaient pas s’entraîner, bien on leur a dit à ce moment-là : « Si vous vous enrôlez pas vous êtes obligés d’y aller pareil! »
Un confrère Lafortune qui est décédé en Italie, mon ami le capitaine Garceau qui s’est fait tuer à Rimini, le petit Gravel qui s’est fait blesser à Saint-Fortunato, il a perdu les deux jambes puis les deux bras… C’est des flash-back ça, ça revient tout le temps!
Ce que je trouve pénible aujourd’hui, c’est de voir des invalides, de notre génération, puis qui sont restés mutilés. Quand on réalise ça là, c’est foudroyant ça! Parce que je fais partie de ceux qui sont partis, des gens qui étaient avec moi…eux autres ils sont partis, moi j’ai resté…c’est arrivé comme ça.

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