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Incluant : Serge Malenfant (SM) Geneviève Reesör (GR)
SM – Pour réaliser une murale, on parle de facilement six mois de travail et de deux mois et demi à trois mois au mur. C’est de la documentation, c’est de la recherche, c’est de la préparation de maquette, c’est de la préparation de couleurs…
On regroupe un paquet [un bon nombre] d’artistes qui ont chacun leur expérience de travail et leur expertise. Au lieu de les former, on les déforme pour en faire des muralistes.
La première question que je pose en entrevue : « Avez-vous le vertige? ». Si vous êtes au cinquième étage, au bout des pieds en train de peindre le bout de la corniche et que vous avez le vertige, vous ne tofferez pas le voyage [vous ne réussirez pas à faire ça bien longtemps].
GR – On doit rendre les choses très réalistes et donner l’impression que c’est vraiment un même pinceau qui a réalisé toute l’œuvre. Donc, on ne doit pas voir qu’une personne a fait tel personnage [et que] une autre personne [en a fait un autre]. [Il ne faut pas] qu’on ait l’impression que le cadrage n’est pas identique à l’autre. C’est l’unité si on veut de l’œuvre [qui compte]. Ça prend un combiné [mélange] de perception spatiale (l’espace), sentir quand ça s’enfonce et quand ça ne s’enfonce pas, il ne faut pas se tromper dans le jeu de l’espace, et puis ça prend de la mathématique pour être capable de rendre tout ça.
On travaille dehors, c’est le beau côté de la chose, c’est-à-dire qu’on n’est pas enfermé dans un bureau, mais le moins beau c’est qu’on subit la température alors on vit avec. C’est sûr que lors d’un orage électrique, les armatures sont en métal, alors on descend assez rapidement. C’est même très curieux de voir ça, au premier « boum-boom », tout le monde descend.
SM - Ils travaillent dans des conditions extrêmes. Ce sont des gens qui ont le cœur à l’ouvrage, ils sont là de très tôt le matin jusqu’à très tard le soir et ils ne comptent pas les heures.
GR – Ce qui devient irritant à la longue et c’est difficile pour chaque artiste, c’est la répétition, la constance. On peut s’imaginer que la personne ou l’équipe qui a fait les briques a fabriqué des briques pendant trois mois, la même brique, c’est-à-dire, la même couleur, la même recette, la même ligne…
SM – Il y a trois lectures. La première lecture, c’est le mur : le trompe-l’œil architectural que l’on crée, qui est fidèle le plus possible au secteur. Deuxième élément, ce qui attire l’œil des gens, ce sont les personnages. Une fois que les gens sont loin et ont vu [la dimension] architecturale, dès qu’ils se rapprochent, ils essaient de retrouver des personnages, des visages connus. Au-delà de ça, il y a une troisième lecture. Il y a toujours plein d’information, exemple : dans chacune des murales, il y a quelqu’un qui tient un journal. À l’intérieur du journal, on retrouve des grands titres et ces grands titres, ce sont des grands titres qui existaient à l’époque.

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